ECRITURE ET POESIE

des petits textes et des poèmes qui suivent le fil de mes pensées. Quelques mots que je couche sur du papier.

samedi 30 octobre 2010

HORREUR SYMPATHIQUE de C. Baudelaire

De ce ciel bizarre et livide, Tourmenté comme ton destin, Quels pensers dans ton âme vide Descendent ? Réponds, libertin. - Insatiablement avide De l'obscur et de l'incertain, Je ne geindrai pas comme Ovide Chassé du paradis latin. Cieux déchirés comme des grèves, En vous se mire mon orgueil, Vos vastes nuages en deuil Sont les corbillards de mes rêves, Et vos lueurs sont le reflet De l'Enfer où mon coeur se plaît. Charles Baudelaire (1821-1867),... [Lire la suite]
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jeudi 14 octobre 2010

LE DESERT de C.M. Leconte de Lisle

Quand le Bédouin qui va de l'Horeb en Syrie Lie au tronc du dattier sa cavale amaigrie, Et, sous l'ombre poudreuse où sèche le fruit mort, Dans son rude manteau s'enveloppe et s'endort, Revoit-il, faisant trêve aux ardentes fatigues, La lointaine oasis où rougissent les figues, Et l'étroite vallée où campe sa tribu, Et la source courante où ses lèvres ont bu, Et les brebis bêlant, et les boeufs à leurs crèches, Et les femmes causant près des citernes fraîches, Ou, sur le sable, en rond, les chameliers assis, Aux lueurs de la lune... [Lire la suite]
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mardi 28 septembre 2010

LA JEUNE FILLE ET LE RAMIER de Marceline DESBORDES-VALMORE

Les rumeurs du jardin disent qu'il va pleuvoir ; Tout tressaille, averti de la prochaine ondée : Et toi qui ne lis plus, sur ton livre accoudée, Plains-tu l'absent aimé qui ne pourra te voir ? Là-bas, pliant son aile et mouillé sous l'ombrage, Banni de l'horizon qu'il n'atteint que des yeux, Appelant sa compagne et regardant les cieux, Un ramier, comme toi, soupire de l'orage. Laissez pleuvoir, ô coeurs solitaires et doux ! Sous l'orage qui passe il renaît tant de... [Lire la suite]
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mardi 14 septembre 2010

FRAGMENT de A. de MUSSET

Quand je t'aimais, pour toi j'aurais donné ma vie, Mais c'est toi, de t'aimer, toi qui m'ôtas l'envie. A tes pièges d'un jour on ne me prendra plus ; Tes ris sont maintenant et tes pleurs superflus. Ainsi, lorsqu'à l'enfant la vieille salle obscure Fait peur, il va tout nu décrocher quelque armure ; Il s'enferme, il revient tout palpitant d'effroi Dans sa chambre bien chaude et dans son lit bien froid. Et puis, lorsqu'au matin le jour vient à paraître, Il trouve son fantôme aux plis de sa fenêtre, Voit son arme inutile, il rit et,... [Lire la suite]
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mardi 17 août 2010

Mon sang est tout gelé, je n’ai plus dans le coeur

Mon sang est tout gelé, je n'ai plus dans le coeur De pouvoir pour encor entretenir ma vie, Mes nerfs sont retirés et je sens amortie La vertu qui tenait mes esprits en chaleur. Mes os n'ont plus en eux cette agréable humeur Qui les entretenait, et ma force est faillie, De mon cerveau séché goutte à goutte est sortie La douce humidité qui lui donnait vigueur. Mes yeux ne servent plus à mon corps de lumière, Et je n'attends plus rien qu'en mon heure dernière, La mort de mes poumons ôte le mouvement : Mais elle n'y peut rien, pour... [Lire la suite]
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samedi 24 juillet 2010

DOUCE PLAGE Où NAQUIT MON ÂME de Paul-Jean Toulet

Douce plage où naquit mon âme ; Et toi, savane en fleurs Que l'Océan trempe de pleurs Et le soleil de flamme ; Douce aux ramiers, douce aux amants, Toi de qui la ramure Nous charmait d'ombre, et de murmure, Et de roucoulements ; Où j'écoute frémir encore Un aveu tendre et fier - Tandis qu'au loin riait la mer Sur le corail sonore. Paul-Jean TOULET ( 1867-1920 ), extrait du recueil “Contrerimes”.
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mardi 6 juillet 2010

LA PIPE de Charles Baudelaire

Je suis la pipe d'un auteur ; On voit, à contempler ma mine D'Abyssinienne ou de Cafrine, Que mon maître est un grand fumeur. Quand il est comblé de douleur, Je fume comme la chaumine Où se prépare la cuisine Pour le retour du laboureur. J'enlace et je berce son âme Dans le réseau mobile et bleu Qui monte de ma bouche en feu, Et je roule un puissant dictame  Qui charme son coeur et guérit De ses fatigues son esprit. Charles Baudelaire ( 1821-1867), extrait du recueil “ Les fleurs du mal”.
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dimanche 20 juin 2010

LA FONTAINE DE SANG de Charles Baudelaire

Il me semble parfois que mon sang coule à flots, Ainsi qu'une fontaine aux rythmiques sanglots. Je l'entends bien qui coule avec un long murmure, Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure. A travers la cité, comme dans un champ clos, Il s'en va, transformant les pavés en îlots, Désaltérant la soif de chaque créature, Et partout colorant en rouge la nature. J'ai demandé souvent à des vins captieux D'endormir pour un jour la terreur qui me mine ; Le vin rend l'oeil plus... [Lire la suite]
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mardi 15 juin 2010

JOUVENCE de José Maria de HEREDIA

Juan Ponce de Leon, par le Diable tenté, Déjà très vieux et plein des antiques études, Voyant l'âge blanchir ses cheveux courts et rudes, Prit la mer pour chercher la Source de Santé. Sur sa belle Armada, d'un vain songe hanté, Trois ans il explora les glauques solitudes, Lorsque enfin, déchirant le brouillard des Bermudes, La Floride apparut sous un ciel enchanté. Et le Conquistador, bénissant sa folie, Vint planter son pennon d'une main affaiblie Dans la terre éclatante où s'ouvrait son tombeau. Vieillard, tu fus heureux, et ta... [Lire la suite]
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samedi 29 mai 2010

AU PEUPLE de Victor Hugo

Il te ressemble ; il est terrible et pacifique. Il est sous l'infini le niveau magnifique ; Il a le mouvement, il a l'immensité. Apaisé d'un rayon et d'un souffle agité, Tantôt c'est l'harmonie et tantôt le cri rauque. Les monstres sont à l'aise en sa profondeur glauque ; La trombe y germe ; il a des gouffres inconnus D'où ceux qui l'ont bravé ne sont pas revenus ; Sur son énormité le colosse chavire ; Comme toi le despote il brise le navire ; Le fanal est sur lui comme... [Lire la suite]
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